Le blog de Paul Tian / Ours dans les Pyrénées : année meurtrière pour les troupeaux

Article à retrouver sur le blog de Paul Tian, ICI.

Samedi, le quotidien national “Libération” a consacré sa Une et les quatre premières pages aux ours dans les Pyrénées, sous le titre de “La Bile et la Bête”. 

2019 a été une année catastrophique pour les éleveurs Pyrénéens et notamment ceux de l’Ariège avec un nombre record d’animaux (brebis, vaches, chevaux…) tués par les ours. Dans ce seul département, entre le 1er janvier et le 10 octobre, l’ours est accusé d’avoir tué 1.140 brebis, moutons et agneaux, 31 vaches et veaux, 20 juments et chevaux, selon un rapport de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage).

Pour rappel, en 2018, 655 ovins avaient été tués par le plantigrade et en 2015… 259 !

“Libé” précise que six “patous” ont également été tués, toujours dans ce même département de l’Ariège et que “certains cadavres d’animaux n’ont pas encore été expertisés par les agents de l’Etat et les bergers commencent à peine leurs propres comptages, avec le rapatriement du bétail au pied de la montagne…”

Autant dire qu’avec ce triste record de bêtes tuées, les bergers pyrénéens sont au bord de la crise de nerf. Pour eux, la cohabitation entre l’ours et le pastoralisme est impossible.

Une situation qui rend impossible le dialogue entre anti et pro-ours, chacun campant sur ses positions.

“La question de l’ours est une affaire d’aménagement du territoire. Quelle montagne voulons-nous ? Allons-nous créer des parcs nationaux à l’américaine, sans bergers, et regrouper l’élevage dans les vallées ?” se demande Philippe Lacube, président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, tout en ajoutant :

“Les écologistes doivent prendre conscience que l’agriculture de montagne est un antidote à la ferme des mille vaches…”

En conclusion de ce dossier, le chercheur Jean-Jacques Camarra, l’un des meilleurs experts de l’ours en France, soutient que l’Etat ne fera pas le tri :

“La montagne appartient à l’homme et à l’ours. Ils vont de nouveau vivre ensemble, mais cela prendra du temps”.

Reste à savoir si bergers et éleveurs pyrénéens auront la patience d’attendre… Rien n’est moins certain

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