Dossier : Quid de la couleur de la Garonne

Depuis la mi-août, la Garonne s’est parée d’une couleur qui en a surpris plus d’un. Ce n’était pas l’habituel marron consécutif aux orages mais un vert plutôt grisâtre qui rappelait davantage les teintes que le fleuve est capable de prendre à l’occasion de la fonte des neiges. Sauf que nous étions en plein été.

Étonnant non ?

Et le phénomène a duré, perduré… Certes  la situation semble s’être améliorée mais ce n’est que depuis peu … et encore,  … pas totalement.

Côté officiel, aucune communication. Comme d’habitude.

Étonnant ? Non !

Et c’est du côté de l’Espagne que nous avons trouvé des réponses (ou un début de réponses). Comme souvent. Étonnant ? Ben toujours non !

Rappelez-vous. Tout avait commencé à la mi-mai avec un  éboulement gigantesque dans le Val d’Arties. Nous en avions à l’époque partagé une vidéo impressionnante.

Mais voilà qu’en plein milieu du mois d’août, rebelote dans le même secteur apparemment avec, cette fois-ci, une importante coulée de terre argileuse, ce qui pourrait (peut-être) expliquer la couleur.

Une semaine plus tard, les autorités du Val d’Aran officialisent leur inquiétude à l’occasion de la venue d’un conseiller territorial,  sollicitant une intervention urgente de la Généralité (“… le syndic d’Aran a demandé au conseiller une action d’urgence maximale pour canaliser les eaux qui sont en train d’éroder et d’agrandir la zone touchée par l’éboulement du côté droit de la rivière Valarties du 12 mai dernier.
Le
s matières en suspension encrassent sérieusement les eaux de la Garonne, du village d’Arties jusqu’à la frontière française.
La persistance de c
es matières, essentiellement de la terre et de la boue, qui affecte le flux de la Garonne, peut causer un dommage irréparable à la faune piscicole de la rivière. Elle a déjà une incidence directe sur les branchies des truites et des cavilats (espèce menacée et en protection). D’autre part, la boue colmate les espaces existants dans les graviers et les pierres de la rivière au fond du lit, éliminant de la sorte
le refuge de toutes les espèces, y compris les invertébrés, base de l’alimentation des truites et des cavilats”).

On remarquera quand même au passage que, d’une part ils n’évoquent pas encore un second épisode d’éboulement et que d’autre part, ils ont l’air de suggérer que le phénomène ne dépasse pas la frontière. Ah ces politiques !

Sur ce, les médias commencent à s’emparer de la question. Il serait difficile de l’ignorer plus longtemps. A l’exemple d’El País du 9 septembre, article dont nous vous proposons ci-dessous une traduction.

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Cette fois-ci, il est bien précisé pourquoi les Français n’ont aucune raison de s’inquiéter : ils ont la chance d’avoir un barrage au Plan d’Arem qui, lui, stoppe toute cette pollution ! Trop forts ces Français ! Ils ont gobé le coup du nuage de Tchernobyl qui ne passe pas la frontière, alors pourquoi pas les alluvions venues d’Espagne ? Et puis, quand EDF ouvrira les vannes, ça passera avec le reste … comme d’hab.

Il faut reconnaître que cette théorie semble bien soutenue par la passivité des médias et des autorités françaises qui ne bronchent pas. A notre connaissance, seule la Fédération de pêche de la Hte-Garonne en a parlé, via sa page Facebook dans un billet du 25 août, évoquant des travaux en Espagne : “Depuis quelque jours, la Garonne Commingeoise présente une forte turbidité. Cet apport de matériaux d’origine minérale découle de travaux réalisés en Espagne en amont du village d’Arties entre Salardu et Vielha dans le val d’Aran. Cette turbidité n’a pas d’incidence néfaste sur les populations de truite fario, mais viens toutefois perturber la pratique de la pêche en Garonne. Nous ne sommes pas à même de vous renseigner sur la date de fin de travaux mais nous espérons un rapide éclaircissement des eaux….”  

De notre côté de la frontière, tout baigne ….

Pourtant, l’inquiétude prend de l’ampleur du côté aranais, au point que le défenseur des personnes dans le Val d’Aran (Eh oui ! Il existe un tel poste dans la vallée !) décide de s’auto-saisir de l’affaire et de lancer une enquête. Traduction ci-dessous :

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Malgré tout, une assez bonne nouvelle semblerait au final redonner un peu d’espoir sur ce malheureux épisode, comme la raconte AranNau dans son édition du 20 septembre.

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Mais bon  ! Peut-être ne sommes-nous qu’au début d’une affaire qui nous réservera d’autres surprises. Qui sait ?

Une réflexion sur « Dossier : Quid de la couleur de la Garonne »

  1. Merci à VVSB d’avoir communiqué sur ce dossier
    Je préciserai. Qu’une seule AAPPMA locale s’est inquiété du problème.
    La Fédé 31 n’avait pas l’air plus inquiète que ça, si l’on en juge son communiqué en date du 25 août sur sa page FB et qui contraste avec l’inquiétude de nos voisins Arannais!
    Mais bon. Tout le monde l’aura bien compris. Il ne faut pas faire peur. Il y a des cartes à vendre…

    “FB Fédé31 25/08/2018
    Amis pêcheurs !
    INFO sur la TURBIDITÉ de la GARONNE

    Depuis quelque jours, la Garonne Commingeoise présente une forte turbidité. Cet apport de matériaux d’origine minérale découle de travaux réalisés en Espagne en amont du village d’Arties entre Salardu et Vielha dans le val d’Aran.

    Cette turbidité n’a pas d’incidence néfaste sur les populations de truite fario, mais viens toutefois perturber la pratique de la pêche en Garonne.

    Nous ne sommes pas à même de vous renseigner sur la date de fin de travaux mais nous espérons un rapide éclaircissement des eaux.

    Gardez la pêche !”

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